L’édition 2026 de l’atelier annuel consacré au programme de recherche MeSeine Innovation s’est tenue à la Maison des Sciences de l’Environnement de l’Université Paris-Est Créteil (UPEC) et a réuni près de 40 membres du consortium scientifique. Ouvert par, Régis Moilleron et Sabrina Guérin, membres du bureau du programme, ce rendez-vous s’inscrit dans la dynamique de la phase II et a permis de mettre en lumière la volonté de consolider des livrables concrets, directement mobilisables pour les acteurs de terrain, tout en préparant les futures orientations scientifiques du programme.
La matinée a été consacrée aux réussites opérationnelles actuelles et à leur transformation en futurs pré-déploiements. Plusieurs travaux ont illustré cette approche, notamment le suivi de la flore bactérienne en Seine comme indicateur des pressions anthropiques, le potentiel de l’imagerie satellitaire pour évaluer la qualité de l’eau à large échelle ou encore le développement d’approches couplant l’identification de micropolluants par analyses non ciblée et leurs impacts sur la biodiversité à l’aide d’outils numériques. Ces présentations ont mis en avant l’intérêt croissant des technologies innovantes (suivi en ligne des bactéries, machine learning, analyses non ciblées) pour améliorer la surveillance de la qualité des milieux aquatiques .
Les échanges ont également permis de valoriser plusieurs avancées déjà concrètes du programme, telles que les indicateurs métaboliques de la Seine facilitant un suivi continu de l’état écologique, les stratégies de biosurveillance ou encore l’utilisation de l’ADN environnemental pour caractériser la biodiversité piscicole. Ces approches illustrent la capacité du programme à produire des outils robustes, combinant données biologiques, physico-chimiques et numériques pour mieux comprendre le fonctionnement de la rivière et ses réactions aux pressions anthropiques.
L’après-midi, les discussions ont notamment porté sur le développement d’indicateurs de sensibilité de la rivière aux apports anthropiques, intégrant des paramètres tels que le métabolisme de la Seine, les flux de matière organique ou encore les conditions hydroclimatiques. Ces travaux visent à mieux anticiper les impacts des rejets, en particulier lors d’événements pluvieux, et à renforcer les capacités de diagnostic en temps réel.
Dans un contexte d’évolution réglementaire, notamment avec la directive européenne eaux résiduaires urbaines, DERU 2, la révision annoncée de la directive cadre sur l’eau (DCE) et l’émergence de nouveaux enjeux autour des micropolluants ou les PFAS, l’atelier a également souligné la nécessité d’adapter les outils de surveillance et de poursuivre les efforts d’innovation. L’articulation entre recherche et besoins opérationnels reste donc au cœur du programme, avec une attention particulière portée à la production de livrables directement exploitables par les gestionnaires.
Ainsi, la journée s’est conclue par la présentation du futur Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI), qui permettra d’identifier de nouvelles actions de recherche et d’élargir le consortium à de nouveaux partenaires. Après une première édition consacrée au programme Mocopée, le futur AMI lancé début 2027 sera consacré à MeSeine Innovation. Cette dynamique confirme l’ambition du programme , autrement dit celle de transformer les résultats scientifiques en solutions concrètes, au service de l’amélioration continue de la qualité des milieux aquatiques franciliens et de leur gestion durable.
Consultez ici le programme scientifique 2026 de la phase II – MeSeine Innovation
