Mocopée : Un atelier fédérateur pour préparer l’avenir
Canicule oblige, l’atelier annuel du programme de recherche Mocopée s’est tenu en visioconférence le 23 juin dernier , réunissant les membres du consortium scientifique et les partenaires opérationnels autour d’un objectif commun : commencer à dresser le bilan de la phase III du programme et esquisser les perspectives de la phase IV. Animée par les membres du bureau, Yannick Fayolle (INRAE) et Sabrina Guérin (SIAAP), cette journée d’échanges a permis de croiser les retours d’expérience et d’identifier des pistes d’amélioration pour renforcer l’application opérationnelle des travaux menés.
Des déploiements au service du lien recherche–opérationnel
Les discussions ont ainsi porté à la fois sur les acquis scientifiques et techniques consolidés ces dernières années au travers de 11 déploiements actés depuis 2024 sur les usines du SIAAP et de 23 pré-déploiements sur l’année 2025. L’événement a favorisé un dialogue approfondi entre chercheurs et acteurs de terrain, mettant en lumière l’importance de maintenir une articulation étroite entre production de connaissances et besoins opérationnels.
Des avancées scientifiques illustrées par des applications concrètes
La matinée a permis de mettre en perspective les avancées du programme à travers des exemples concrets et des travaux récents. Les interventions ont notamment abordé les performances des traitements quaternaires sur les contaminants microbiologiques, le développement de jumeaux numériques pour le suivi des stations d’épuration à partir de données haute fréquence, ou encore l’optimisation de procédés innovants de gazéification hydrothermale.
Une après-midi tournée vers la co-construction de la phase IV
L’après-midi s’est inscrit dans une dynamique prospective, en lien avec la session dédiée à l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) puis aux échanges sur la phase IV du programme Mocopée. Les discussions ont porté sur la co-construction des priorités scientifiques et techniques à venir, en particulier le développement de nouveaux indicateurs, l’exploitation de données à haute fréquence et le recours accru aux outils numériques tels que la modélisation avancée ou l’intelligence artificielle. Les participants ont également souligné l’importance d’anticiper les évolutions réglementaires et de mieux intégrer les enjeux liés aux contaminants émergents, notamment les micropolluants, dans les orientations futures du programme.
Une récompense pour le lauréat du consortium de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI)
Organisé entre le 26 janvier et le 13 avril, l’AMI axé sur la “gestion du patrimoine de traitements des eaux usées : de l’équipement aux procédés” a entraîné le dépôt de plusieurs candidatures et a abouti à la sélection du projet MAINTWIN, porté par Ahmed Amine Azzaz (UniLaSalle, unité Eclore Rennes). Ce projet innovant vise à développer une approche de maintenance prédictive des usines d’épuration) fondée sur un jumeau numérique. Face à des systèmes particulièrement complexes, soumis à de fortes contraintes réglementaires, environnementales et énergétiques, l’enjeu est d’exploiter des volumes massifs de données encore peu valorisées afin de détecter précocement les dérives, anticiper les dysfonctionnements et limiter les surcoûts d’exploitation. Le jumeau numérique permettra ainsi d’observer, comprendre et agir sur les processus en identifiant les signaux faibles avant la panne, tout en intégrant les retours d’expérience des opérateurs et les exigences de performance environnementale. Inscrit dans une perspective de recherche structurante par un contrat doctoral ou post-doctoral, le projet contribuera également à la préparation de la prochaine phase du programme scientifique, en lien avec les nouvelles exigences réglementaires (DERU2) et les enjeux de transition écologique.
Des axes d’amélioration pour renforcer l’opérationnalisation
Au-delà des réussites, les discussions ont permis d’identifier plusieurs axes d’amélioration pour la future phase IV. Parmi les points soulevés figurent la nécessité de renforcer la robustesse et la standardisation des méthodes, d’améliorer la transférabilité des outils vers les gestionnaires et d’accélérer le passage de la recherche à l’opérationnel. L’importance de mieux structurer les livrables, afin qu’ils soient directement mobilisables par les acteurs de terrain, a également été largement partagée. Ces orientations traduisent une volonté collective de faire évoluer le programme vers des solutions encore plus concrètes et applicables.
Consultez ici le programme scientifique de la phase III - Mocopée
