L’analyse de l’évolution de la qualité des rivières franciliennes depuis la mise en œuvre de la Directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines (DERU) de 1991 et l’évaluation des bénéfices environnementaux attendus par la révision de celle-ci constitue un éclairage précieux pour les décideurs dans cette période de transposition nationale de la Directive Européenne, adoptée fin 2024. Les données de l’Observatoire MeSeine couvrant la trajectoire passée, montrent que les investissements réalisés sur les infrastructures du SIAAP (création ou rénovation des grandes usines, déploiement des traitements biologiques, optimisation des réseaux) pour se mettre en conformité avec la DERU1 ont permis un saut qualitatif majeur : forte amélioration de l’abattement des macro polluants, seuils du bon état physico-chimique atteints ou consolidés sur la majeure partie du linéaire de la Seine francilienne depuis 2010.
En revanche, les simulations réalisées avec le modèle hydro écologique ProSe permettant une projection à 2039 montrent que le bénéfice environnemental attendu par la mise en conformité aux exigences de la DERU2 reste très limité. Outre un infléchissement de la concentration en orthophosphate, qui est une résultante de l’ajustement des conditions exploitation (ajustement des taux de traitement en réactifs), les impacts des gains de performance du système d’assainissement sur les autres paramètres que sont les nitrates et l’ammonium ou encore l’oxygène dissous, sont moindres. Cette analyse souligne la nécessité d’établir un ordonnancement et une priorisation des investissements sur la base de leur bénéfice réel sur le milieu récepteur et d’identifier les leviers d’actions les plus pertinents.
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